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Tout ça pour un sticker!

La Transvésubienne, c’est un peu mon Everest à moi. C’est une course mythique dans le paysage vétététistique français, l’une des premières de ce format, et même elle s’est fait dépasser dans la course au toujours plus dur, elle reste un vrai challenge avec ses presque 100km pour 3500 mètres de dénivelé positif et 5000 mètres négatifs.

Après trois tentatives, deux soldées par des chutes, et une par un manque de motivation suite aux conditions climatiques (le but c’est quand même de se faire plaisir), je finis par m’inscrire, plus ou moins contraint et forcé par un pote, 4 jours avant la course.

La préparation a été bonne, mais principalement axée route, j’ai très peu de kilomètres de VTT, 275 d’après mes stats, et aucune grosse sortie. Donc forcement, des craintes sur la distance, et sur les descentes, pas techniquement, je sais à quoi m’attendre vu que j’y ai déjà mis les crampons, mais physiquement, elles sont très dures, la rocaille du sud est exigeante pour l’organisme.
L’objectif est avant de finir, le temps on s’en fout. Je sais que je devrais pas être gêné pour les barrières horaires, mais faut gérer la course, ça devrait durer autours de 10h. Et surtout, faut pas se faire mal, j’ai pas envie d’abandonner encore une fois sur chute!

Donc départ samedi à 4, direction la Colmiane, au camping de la Ferme, toujours top avec son espace abrité, toujours utile dans cette vallée souvent humide. Ça manque pas, on prend la pluie en arrivant. Le moral descend un peu, mais même si je fais marcher les potes, pour l’instant, pas question de bâcher. On passe récupérer les plaques, assister au briefing ou le père Georges nous rassure, disant que c’est bien sec, pas de neige et que le Paillon est propre. On ne le croit pas sur tous les points. Pas de layus sur Decathlon cette année, vu qu’il y en a un qui a fait top 5 depuis 2 ans.

Retour au camping, gros repas (peut être un peu trop d’ailleurs, le saucisson / cacahuètes, c’est peut être superflu une veille de course), préparation des affaires, Guillaume s’aperçoit qu’il a oublié ses grolles dans sa voiture sur le parking à Grenoble. Boulet. On essaye de trouver une solution de rechange, des pédales, des chaussures, mais au final, il va nous faire l’assistance. L’année prochaine, à bloc, t’as une revanche à prendre!

Dodo à 11h, sur la banquette arrière du camion, pour un levé matinal à 5h, ben oui, on part dans 1h15! Petit dej’ énergétique, caca de la peur, et on se rend au départ. On part avec Nico dans la deuxième vague, 15 minutes après les 250 de la première. On est plus au moins au milieu, le début est descendant dans un champs herbeux, humide avec rigoles, avec des zig-zags fait avec de la rubalise pour éviter de prendre tout droit avec trop de vitesse. En gros, c’est le bordel au top départ!
Coup de chance, ça s’ouvre devant moi, je me faufile, ça se passe bien, et attaque la première montée à un bon rythme. Guillaume m’a dit de partir vite, pour ne pas se faire bouchonner dans la partie suivante sur les crêtes. Objectif rempli, je passe le haut de la station en cinquième position. Bon, c’est parti, encore pas pu m’empêcher, l’objectif finir a disparu dès que le chrono s’est lancé, maintenant, faut finir bien!

Première tentative de satellisation sur un drop surprise pour rejoindre un single ou certains vont déjà perdre toutes leurs illusions au bout de 30mn de course. Puis on continue la montée pour rejoindre les crêtes, et on se fait déjà bouchonner par les derniers de la première vague. Dans l’ensemble, ça se passe super bien sur toute la course, on discute les quelques temps passés ensemble, je laisse passer rapidement ceux qui le demandent, les gens demandent tout de suite quand je leur reviens dessus si je veux passer (des fois, même si ça va un peu moins vite, c’est bien de prendre une roue pour se reposer). Sur toute la course, juste une personne qui mérite un titre de gros con, le 179, qui a mis longtemps à bien vouloir me laisser passer, et presque autant à laisser passer Olivier Giordanengo, pourtant premier de la catégorie VAE, et beaucoup, beaucoup plus rapide. On peut gagner sa catégorie, et pas respirer franchement l’intelligence.

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Première descente depuis le col d’Andrion, tout se passe bien, peu de prise de risques, pas super à l’aise par endroit, mais on va à l’essentiel : en bas. la suite du programme, c’est le mythe du Brec, son portage très rapide (tiens, je suis en haut déjà), le début de la descente un poil trop dure pour moi, avec des épingles trialisantes avec marches, puis la suite tout simplement magnifique, avec la partie en balcon, puis la fin qui ramène sur Utelle qui déchausse les dentiers mal fixés! Très peu de monde dans la descente, pas de bouchonnage, que du bonheur. A part les crampes qui viennent déjà aux jambes. En descente bordel! Je me rend compte qu’on est déjà à presque 3h de course, et que j’ai bu moins d’un demi litre! pas bien du tout!
J’apprendrais après la course qu’il y a encore un gars qui a chuté dans un ravin, fracture ouverte du fémur, 3 vertèbres tassées, chaud, bon rétablissement à lui. Les passages exposés ne sont pas durs, mais il faut rester très attentif.

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Arrivée au fameux dernier virage avec toujours pas mal de monde, le but est de ne pas se mettre une boite la, et ensuite faut filer jusqu’au ravitaillement. les ravitos sont vraiment bien achalandés, barres énergétiques, gel coup de fouet et anti-oxydant, et surtout chips / saucisson / calandos! très important le camembert pour éviter que l’estomac sature dans la journée. Je bois bien mais vu que le camelback est quasi plein, je ne le rempli pas en pensant le faire au prochain ravito au Suquet et en buvant bien d’ici la.

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La suite de la descente est un peu moins sympa, mais pas dégueue, plus rapide / facile, et on arrive après un peu de portage / route, au Suquet.
Je regarde le Gps, 3h30 de course, 35km, et 1100m de d+ de fait. Oh putain, que la journée va être longue vu comme c’était déjà dur.
En fait, le Suquet, c’est le départ de la Trans 50, ce n’est qu’un point d’assistance technique, pas de ravito. je pars avec mon camel quasi vide pour le prochain ravito, 15km et 700m de d+ plus loin. Heureusement dans un village, je demande à des gens si ils savent si il y a de l’eau, et ils me donnent une petite bouteille de 50cl d’eau pétillante. Pour le coup, je crois qu’ils m’ont sauvé, sinon j’allais arriver au ravito du col de la Porte vraiment sec. Merci encore une fois à eux. Les crampes sont toujours la, pas loin, prêtes à surgir au moindre faux pas, faut faire bien gaffe en montant et descendant du vélo. Mais une bonne gestion me fera rallier l’arrivée sans douleurs.

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On m’avait prévenu que cette partie était assez longue, personnellement j’ai beaucoup aimé, c’est pendant longtemps un single globalement montant, mais assez rapide et on peut garder du rythme et s’amuser. Surtout que les jambes sont encore super bonnes, je double systématiquement en montée. Arrivé au ravito, notre assistant de choc est aux petits soins, j’ai même pas besoin de regraisser la chaîne, il le fait lui même, pendant qu’une bénévole tout autant au top m’aide à remplir la poche à eau. 5 minutes de stop pour bien prendre le temps de boire et manger, et c’est reparti. Encore un peu de portage, une joli descente, une longue remontée jusqu’au Ferion, heureusement qu’il ne fait pas trop chaud, mais je garde un bon rythme en montée, continuant de doubler des gens de la première vague. Une fois en haut, sauf accident, c’est gagné, il reste moins de 500m de d+ à faire, ça commence à sentir l’anglais!

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Sauf que je suis vraiment pas bien dans le début de la descente, c’est pas rapide et trialisant, je suis pas hyper lucide et pas précis dans mes trajectoires, et lutte vraiment en perdant du temps. Puis le single redevient un peu plus pentu, et c’est bien plus sympa. Je suis pas le seul à être moins lucide, je vois deux ou trois grosses boites, un coude qui tape, un gars qui se coince la chaussure dans la roue, et qui n’arrive pas à la sortir, il a fallut que je lui enlève le pied de sa chaussure pour qu’il puisse l’enlever des rayons.

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Dommage pour le bout de descente sur route avant plan d’Arriou, puis c’est la dernière montée, le mont chauve, ou j’entend hurler un gars de longues secondes (Tiens, t’as des crampes?), avec la descente qui suit toujours aussi exigeante. La partie de la jungle est très propre, aucun soucis pour passer, puis Georges nous envoie dans le Paillon. Je suis bien content d’avoir fait mon rappel antitétanique il y pas longtemps. On patauge dans une rivière qui sert d’égouts de la ville, devant passer des petites chutes avec de l’eau jusqu’au genou, et passant d’une gravière à l’autre jusqu’à enfin avoir le droit de remonter prendre la piste cyclable puis le tunnel. Je finis à bloc, étant parti avec quinze minutes de retard sur la première vague, je peux doubler des gens sans m’en rendre compte avec la correction du chrono.

Remontée sur la prom’ et passage de la ligne d’arrivée après un dernier bain dans la méditerranée, heureux! J’ai enfin fini cette putain de course, et c’était trop bon.
Bon, le speaker me demande un mot à l’arrivée, et à ce moment, le seul truc dont je me souviens, c’est le Paillon. Mais ça s’efface et on pense à tous les autres bon moments. Je suis pas mort, je suis même pas tombé aujourd’hui, tout c’est bien passé, le vélo a super bien marché. Le résultat est au delà de mes espérances, un peu moins de 9h, pour une entrée dans le top 100 de justesse.

Je comprend ce qui fait le mythe de cette course, même pour les bons, la difficulté physique marque, les montées ne sont pas extrêmes, mais aucune descente ne permet de se reposer. Il faut être dans le dur en permanence. Et le parcours est superbe (à 5km près), l’orga rodée, les ravitaillements bien, et surtout les bénévoles vraiment au top, ainsi que les nombreux supporters. L’arrivée sur la plage est sympa en y repensant, mais si sur le coup avoir de l’eau de mer jusqu’au moyeu ne réjouit pas des masses.
Et la paella d’arrivée était top!

Je comprend aussi pourquoi la course ne fait plus autant le plein qu’il y a quelques années, déjà parce que l’augmentation des chiffres doit commencer à faire peur, mais aussi parce qu’on a l’impression que tout est très commercial, l’inscription est chère, le cadeau est ridicule (un bonnet vraiment moche après des sets de table l’an dernier), et on sent des économies de bout de chandelles partout, des podiums même pas récompensés par des lots, plus de puces de chrono, et des dossards trop fragiles.

C’est une super expérience, mais pas dit que je me relance la dedans l’an prochain, même si Guillaume va encore nous mettre la pression et essayer de pas oublier ses chaussures!
Et puis bon, faut bien avouer que deux jours après, j’ai mal un peu partout!

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